Pourquoi je suis restée longtemps derrière l’objectif
- ponzo aurélie

- 7 déc. 2025
- 2 min de lecture
Parce que c’était plus simple de disparaître que de me regarder

Avant d’être photographe, j’étais la fille qui ne voulait jamais être sur la photo.J’étais toujours “celle qui prend”, jamais “celle qu’on prend”.
Pas parce que je détestais les photos — mais parce que je détestais me voir dessus.
Mon ventre, mon visage, ma posture… tout devenait prétexte à me juger.
Alors j’ai trouvé la meilleure planque du monde : derrière l’objectif.
Là, au moins, j’avais le contrôle.Je pouvais capturer la beauté des autres sans affronter ce que je refusais de voir chez moi.
Ce que j’ai compris en restant cachée
Pendant des années, j’ai cru que c’était un simple réflexe de pudeur. Mais avec le recul, je sais que c’était de la peur.
Peur d’être vue, peur d’être jugée, peur de ne pas être “assez”.
Et cette peur, je la retrouve souvent chez les femmes que je photographie.
Elles me disent :
“Je ne suis pas photogénique.”“Je déteste mon profil.”“Je ne sais pas quoi faire de mes mains.”
Et à chaque fois, j’ai envie de leur dire :
“Je te comprends. Moi aussi, j’ai eu peur. Moi aussi, j’ai fui.”
Pourquoi je suis restée longtemps derrière l’objectif
Je me suis longtemps réfugiée là, à observer les autres briller. Et à force de les voir s’ouvrir, se transformer, se redécouvrir… j’ai fini par me dire que peut-être, moi aussi, j’avais le droit.
Le jour où j’ai accepté de passer de l’autre côté, ça n’a pas été un déclic magique.
J’étais crispée, gênée, persuadée que j’allais détester chaque image.
Mais j’ai vu autre chose : de la douceur, de la force, de la vie. Et surtout, j’ai vu la femme que j’avais passée des années à cacher.
Aujourd’hui, je reste derrière l’objectif — mais plus pour me cacher
Aujourd’hui, j’y suis pour une autre raison :pour offrir à d’autres femmes ce que j’ai mis du temps à m’offrir à moi-même. Un regard qui ne juge pas. Un espace où l’on peut exister sans se comparer. Un moment où l’on se voit enfin autrement.
Alors oui, j’ai passé des années derrière l’objectif. Mais c’est justement ce qui me permet aujourd’hui d’y mettre tout mon cœur, toute ma compréhension et toute mon humanité.







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